EAU ET BIODIVERSITÉ
 

(1) Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2014-2015
(2) Projet d’arrêté fixant la liste des départements dans lesquels peuvent être délimitées les unités d’action prévues par l’arrêté fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus)

Du 22/05/2014 au 15/06/2014 - 1266 commentaires

CONTEXTE GÉNÉRAL
Depuis la réapparition naturelle du loup en France en 1992, afin de concilier protection de l’espèce et maintien des activités d’élevage, les ministères chargés de l’écologie et de l’agriculture mobilisent des moyens importants pour accompagner les éleveurs dans la mise en place de mesures de protection des troupeaux domestiques et indemniser les dommages pour lesquels la responsabilité du loup n’est pas écartée.
En complément de l’accompagnement des éleveurs, dans le cadre des grands principes définis par le plan d’action national loup pour la période 2013-2017, il est également possible, afin de prévenir les dommages aux troupeaux et lorsque toute autre méthode de prévention se révèle inadaptée ou insuffisante, de déroger à l’interdiction de destruction de spécimens protégés en procédant à des interventions sur la population de loups. Ces dérogations sont accordées conformément aux droits communautaire et national relatifs à la protection stricte de l’espèce, dans la mesure où elles ne nuisent pas au maintien de l’état de conservation favorable de l’espèce.

CONTENU DES PROJETS D’ARRÊTÉS
Ces deux projets d’arrêtés feront l’objet d’une présentation devant le Conseil national de protection de la nature, en vue du recueil de son avis lors du comité plénier du 11 juin 2014.

1) Le premier projet d’arrêté fixe le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2014-2015, en application du principe de dérogation à la protection stricte ci-dessus exposé.
Le fait de conditionner les opérations départementales de destruction par tir au respect d’un tel plafond national permet de garantir que ces dérogations ne nuiront pas au maintien de l’état de conservation favorable de la population de loups en France. Cet arrêté est pris annuellement, afin que les marges de manœuvre biologiques permettant de déterminer les possibilités d’intervention sur l’espèce soient estimées sur la base des informations les plus fines et les plus actualisées possibles.
Pour la période 2014-2015, le plafond proposé se présente comme suit :
♦ Le I de l’article 1er du projet d’arrêté le fixe à vingt-quatre spécimens, reconduisant ainsi le plafond déterminé pour la période 2013-2014 dans un arrêté ministériel du 16 mai 2013.
Le II du même article introduit un principe de révision possible de ce nombre, “dans la limite de douze spécimens supplémentaires”.
Dans tous les cas ce nombre, tel que fixé au I ou tel qu’éventuellement révisé en application du II tient compte des préoccupations relatives à l’état de conservation de la population de loups, en ce qu’il a été déterminé en prenant appui sur une méthodologie scientifique dont une description détaillée est disponible en page 34 du plan loup 2013-2017. Cette méthodologie, conçue comme un outil d’aide à la décision politique, permet notamment :

  • de modéliser à court terme (un à deux ans) l’évolution la plus probable des effectifs de loups, compte tenu de la croissance observée ainsi que de sa variation au cours des années passées ;
  • et de disposer d’une mesure explicite des risques associés à la prise de décision, en terme d’évolution de la population de loups après mise en œuvre des prélèvements par rapport à un niveau attendu (notion de “croissance résiduelle”).

♦ Afin de s’assurer du respect du plafond ainsi fixé, l’article 2 interdit les tirs de prélèvement encadrés par l’arrêté ministériel DEVL1312136A du 15 mai 2013, à compter de la date éventuelle à laquelle le nombre de spécimens détruits s’élèvera au maximum fixé à l’article 1er, diminué de deux spécimens.
Afin de permettre aux éleveurs dont les troupeaux resteraient exposés à cette même date au risque de prédation du loup, la mise en œuvre de tirs de défense pourra continuer d’être autorisée, dans les conditions décrites dans l’arrêté cadre du 15 mai 2013.

2) Le deuxième projet d’arrêté fixe la liste des départements dans lesquels peuvent être délimitées les unités d’action prévues par l’arrêté fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus).
La liste de ces départements est susceptible d’évoluer en fonction du classement ou du déclassement de certains secteurs en Zones de Présence Permanente ou ZPP (zones hébergeant un ou plusieurs individus ou meutes sédentarisés, au sujet desquels au moins trois indices de présence ont été relevés pendant au moins deux hivers consécutifs, avec une confirmation génétique lors d’au moins un des deux hivers).
Les conclusions du suivi hivernal 2013-2014 de la population de loups conduisent à proposer :

  • Le maintien de l’inscription des départements suivants, au titre des ZPP (nouvelles autant qu’anciennes) y étant recensées : Alpes de Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Lozère, Pyrénées-Orientales, Haut-Rhin, Haute-Saône, Savoie, Haute-Savoie, Var, Vaucluse, Vosges ;
  • L’inscription des départements suivants pour tenir compte de la dimension trans-départementale établie de ZPP existantes : l’Ariège et l’Aude au titre des ZPP dites Carlit et Madres-Boucheville (partagées avec les Pyrénées-Orientales), les Bouches-du-Rhône au titre de la ZPP dite Ouest Var (partagée avec le Var)
  • L’inscription des départements suivants, pour tenir compte de la mise en évidence de nouvelles ZPP : l’Ardèche, au titre de la ZPP dite de Tanargue-Gardilles (partagée avec la Lozère), la Haute-Marne et la Meuse, au titre de la ZPP dite de "Haute-Marne – Vosges-Meuse" (partagée avec les Vosges)

Il apparaît important de rappeler les éléments suivants, afin que l’absence ou la présence d’un département dans ce projet d’arrêté ne fasse pas l’objet d’interprétations erronées :
♦ Les territoires potentiels d’intervention ne sont pas forcément limités, du fait de la prise d’un tel arrêté, aux départements ici évoqués.
Comme indiqué dans le plan loup, “Les départements ne figurant pas dans la liste fixée par [cet] arrêté ne sont nullement exclus de la réglementation fixant les conditions et limites dans lesquels des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordés par les préfets” (plan loup 2013-2017, page 34).
Les conditions de déclenchement et de déroulement des opérations diffèrent simplement selon que l’opération se déroule sur un territoire situé ou non en unité d’action.
♦ L’inscription d’un département ne signifie pas non plus pour autant que des opérations d’intervention auront forcément vocation à être mises en œuvre sur ce territoire durant la période 2014-2015.
C’est bien le respect d’une combinaison de critères qui conduit les autorités préfectorales à délivrer ou non les dérogations sollicitées sur le fondement des différents arrêtés ministériels composant le “protocole technique d’intervention” (cf. plan loup, page 33).
Ce projet d’arrêté ministériel apparaît ainsi comme l’une des illustrations du principe de gestion différenciée selon les situations, sur lequel repose notamment le plan loup.

Conformément à l’article 3 de la loi n° 2012-1460 du 27 décembre 2012 et au décret n° 2013-1303 du 27 décembre 2013, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

Mise à jour du 1er juillet 2014 : vous pouvez consulter ci-dessous la synthèse des observations ainsi que, dans un document séparé, les motifs des décisions.


Commentaires
  •  Contradictions, par Roland Brucker , le 19 juin 2014 à 15h26

    Un certain nombre d’études montrent qu’un nombre minimal d’individus est nécessaire pour garantir la préservation d’une espèce. Pour le loup ce minimum n’est même pas atteint en France. Il est donc contradictoire d’autoriser des tirs et affirmer garantir la sauvegarde de l’espèce.
    Il faut absolument renoncer à cette mesure et envisager toutes autres formes d’assistance aux éleveurs pour concilier activité économique et biodiversité. Et des solutions, il y en a !!!

  •  juger le loup par des personnes non concernées, par lucide , le 18 juin 2014 à 23h10

    Le pb c’est que la plupart des pro-loups ne sont pas concernés par les effets de cet animal.

    Venez dans les montagnes du 04, 06, 05, 38, 73..... pendant une semaine au mois d’octobre, sous la pluie, dans le froid voir la vie d’un berger. Même avec des patous, des filets, des aides bergers vous compterez les cadavres de brebis plus ceux que vous ne trouverez jamais........
    La nuit vous ne dormirez pas car les patous aboient au loup tout le temps....

    Venez vous rendre compte.

    Les loups s’adaptent à tout et colonisent de plus en plus de territoire.Ce n’est plus une espéce en voie de disparition.

    Il faut de la régulation

  •  trop DE LOUPS, par Gavot 04 , le 18 juin 2014 à 22h36

    iL Y A TROP DE LOUPS. Ce n’est plus une espéce en voie de disparition.
    Dans le Sud-Est de la France, c’est le roi !
    EN plus sa protection coute cher, tres cher. Des economies sont possibles !

    La régulation s’impose !

    Merci

  •  Sauver nos élevages !, par Gabelier Bruno Pdt FDSEA06 , le 18 juin 2014 à 00h04

    L’évolution de la population de loups et de son impact sur les troupeaux sur le territoire français et particulièrement dans les Alpes maritimes premier département à être touché, montre bien que les mesures de protection préconisées sont inefficaces pour enrayer l’hécatombe subie par les troupeaux (plus de 6000 animaux tués par les loups expertisés en France en 2013, 2500 dans les Alpes maritimes.
    Pertes économiques, conditions de travail et de vies insupportables, stress, violence et souffrance, l’élevage est menacé de disparition à court terme sur les territoires concernés.
    On connait la contribution incontournable du pastoralisme pour préserver les habitats et sauver de très nombreuses espèces en voie de disparitions, sur les alpages comme sur les collines et les parcours de basse altitude, dans les parcs régionaux, nationaux, sur les sites Natura 2000...
    Le seul moyen pour tenter d’obtenir un équilibre est la régulation, pratiquée couramment sur les espèces animales domestiques ou sauvages.
    Le prélèvement de loups, en priorité dans les meutes spécialisées sur les attaques de troupeaux est le seul moyen de faire baisser les dégâts.
    En conséquence nous sommes favorable bien évidemment à la possibilité d’intervenir sur tous les départements ou le loup est présent.
    Nous constatons le manque d’efficacité des techniques actuelles de prélèvement. Nous demandons à l’état de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires afin d’arriver à minima au seuil de 24 loups prélevés augmenté de 12 si besoin, en sachant que cet objectif, même s’il est atteint ne suffira pas à enrayer l’expansion de la population de loup, estimée à 20% par an sur un effectif national estimé à plus de 300.

  •  Loup , par Tony , le 17 juin 2014 à 12h37

    Plan de chasse légal pour le loup suivant l effectif .
    le loup n apporte rien , je préfère observer des grands animaux ,
    le loup on l observe jamais et n apporte rien au développement des campagnes .

  •  Respectons le combat nos ancetres, par Dominique BRET 714 route de la Grange dimière 38730 LE PIN , le 17 juin 2014 à 08h55

    Ils se sont battus pendant plus de 1000 ans pour éradiquer le loup de l’Europe de l’ouest où il ne pouvait pas cohabiter avec les activités pastorales de l’homme, et ne connaissait aucun prédateur.
    L’aveuglement irresponsable de quelques uns nous conduit aujourd’hui à décourager toute activité pastorale en montagne, au risque de voir se refermer les prairies alpines et faire disparaitre une faune précieuse.

    Il faut donc réguler l’espèce loup et autoriser son tir là où il est nuisible.

  •  touche pas à mes chèvres !, par bergamote , le 16 juin 2014 à 21h24

    Je suis éleveuse de chèvres. Elles ont toutes un nom, une histoire, un lien "affectif" avec moi. L’idée d’avoir un loup dans mon troupeau me panique, alors oui à la régulation, partout ou il y a des élevages, des éleveurs qui y vivent avec leurs familles.Je plains ces éleveurs de tout coeur.. Je ferais n’importe quoi pour protéger mes "filles" !

  •  oui au retour du loup en France, par Bruno , le 16 juin 2014 à 20h47

    Halte au massacre du monde sauvage. ..

  •  POUR LA REGULATION., par fifilanguille , le 16 juin 2014 à 12h27

    Bonjour,
    je suis favorable a la régulation (surtout pas la destruction ) des loups sur les secteurs ou l’élevage est un des seuls revenus du monde agricole .

  •  abc, par casse bonbon , le 16 juin 2014 à 11h51

    Nos anciens ont supprimés le loup pour une bonne cause, pourquoi le réintroduire . Pour faire plaisir à certaines personnes qui soit disant aime les animaux.

  •  reflexion sur le loup, par barnos , le 16 juin 2014 à 10h40

    Bien sur on comprend les éleveurs ; mais quand on pense aux efforts entrepris en AFRIQUE pour préserver des espèces en voie de disparition et quand on connait les difficultés financières de ce continent on peut que réfléchir à un autre moyen que le prélèvement pour gérer une population de 100 à 200 loups en France .

  •  Espèce protégée !, par V. Haute-savoie , le 16 juin 2014 à 10h30

    Affligeant de lire certains messages…

    Le plan loup va dans le bon sens en France avec la mise en place de beaucoup d’aides et mesures pour protéger les troupeaux, mais 36 loups cela me parait beaucoup trop !!!
    Chaque année ils en meurent déjà avec le braconnage et les collisions routières, est-ce que cela est pris en compte ?
    Pourquoi augmenter de 50% par rapport à l’année dernière alors qu’il y a moins de victimes et constats indemnisés !!!

    Et pourquoi ces loups ne sont pas considérés comme une chance de temps en temps, un attrait, on va bien les voir dans les zoos, je suis sûre que certaines personnes adorerai et paierai pour les écouter hurler la nuit, si ils le pouvaient, mais on ne les laisse pas hurler, les meutes sont détruites par ces tirs chaque année…

    Un bien triste protection que de les abattre !

  •  LPO ISERE, par LPO ISERE , le 16 juin 2014 à 10h09

    La LPO Isère, fondée il y a plus de 40 ans, association agréée pour la protection de l’environnement, a suivi le retour du loup en Isère dans ce département depuis 1998.

    Elle participe aux réunions préfectorales lorsqu’elles sont réunies à l’initiative du Préfet, au réseau de suivi des grands prédateurs piloté par la D.D.T. et l’O.N.C.F.S. ainsi qu’aux travaux organisés au sein de la coordination de la L.P.O. Rhône-alpes et au niveau national de la L.P.O. France et du réseau de F.N.E..

    La L.P.O. Isère constate que le projet d’arrêté ministériel n’a pour objet que d’augmenter sensiblement le prélèvement du loup sur le département de l’Isère comme sur les autres départements français.

    Une telle augmentation des prélèvements ne se justifie nullement notamment en Isère.

    Le loup étant une espèce protégée par les textes nationaux et internationaux, sa destruction ne peut et ne doit être envisagée qu’en tout dernier recours et non comme un mode de « régulation » de sa population.

    La LPO Isère maintient depuis de nombreuses années que les mesures de protection des troupeaux et la modification des pratiques pastorales sont les mesures les plus efficaces pour contenir les attaques du loup sur les troupeaux domestiques et limiter sensiblement les dommages sur ces derniers à des proportions qui sont acceptables en tenant compte des aléas multiples de la conduite d’un troupeau en estive d’une part et des aides et des indemnisations versées par les pouvoirs publics d’autre part.

    Des améliorations peuvent aussi et encore être apportées aux mesures d’effarouchement.

    La généralisation des contrats de protection dont les engagements ont été assouplis à la demande de la profession ne s’est réalisée que très progressivement. De nombreux troupeaux exposés sont encore à ce jour dépourvus de protection en Isère.

    Pourtant, dans le même temps, les diagnostics de prédation et des dommages, les mesures de protection ainsi que la sélection des chiens de protection des troupeaux se sont affinés et développés, le dispositif et le montant des indemnisations ont été améliorés et étendus.

    En Isère, le nombre de dommages imputés au loup reste limité et s’exerce essentiellement sur des territoires désormais clairement identifiés depuis plusieurs années.

    Les variations d’une année sur l’autre des dommages sont essentiellement dues aux conditions météorologiques de la saison estivale, des dérochements exceptionnels de troupeau, ou encore à l’absence ou l’insuffisance de mesures de protection de certains troupeaux victimes de dommages.

    L’année 2013, en Isère n’a enregistré qu’un nombre de 38 constats et de 118 animaux indemnisés, soit une diminution sensible par rapport aux années précédentes.

    Nous rappelons pourtant qu’en cas de doute, les dommages causés au troupeau sont imputés à la prédation du loup, présomption favorable à l’éleveur et à son indemnisation à la charge de l’Etat mais qui entraîne nécessairement une surévaluation des dommages qui sont imputés au loup.

    En outre, les données statistiques nationales ne distinguent pas suivant que les dommages ont été causés sur des troupeaux pas ou mal protégés alors que cette donnée est de nature à modifier sensiblement l’appréciation des dommages imputés au loup.

    En Isère, et durant l’année 2013, 1/3 des victimes de dommages sont issues de deux troupeaux non protégés et 1/3 des constats concernent des troupeaux non protégés dont certains sont pourtant situés dans des zones de présence permanente du loup depuis de nombreuses années (source : Diaporama présenté en décembre 2013 lors du comité départemental loup).

    La présence permanente du loup y reste confinée à certaines parties du territoire alors que d’autres, comme le massif de la Chartreuse et d’autres massifs forestiers, sont susceptibles de l’accueillir.

    A notre connaissance, l’extension quantitative et géographique de la population lupine est donc très relative sur le département de l’Isère. Sur certaines zones de présence permanente, les comptages révèlent même des diminutions de la population d’une année sur l’autre malgré une pression d’observation égale.

    A titre d’exemple, la zone de présence permanente « Taillefer-Luitel » n’a fourni que très peu d’indices pendant deux hivers consécutifs. Elle a été regroupée avec la ZPP « Oisans-Grandes Rousses » aujourd’hui dénommée « Belledonne sud » mais le nombre des indices relevés sur ce secteur élargi reste faible malgré une reproduction constatée durant l’été 2011 (source : bulletins d’information du réseau loup n° 28, 29 et 30).

    L’impact d’un prélèvement quantitatif sur l’organisation des meutes, sur sa dispersion, sur ses modes d’alimentation et sur la prédation effective des troupeaux ne nous apparaît pas suffisamment évalué par des données objectives pour autoriser des tirs qui se fondent uniquement sur des statistiques globales.

    Ce projet d’arrêté prévoyant des autorisations de tirs dans des conditions identiques sur tout le département ne correspond donc pas aux objectifs de la convention de Berne qui prévoit tout d’abord le déploiement des mesures de protection des troupeaux. Ces mesures n’étant pas en place partout, la vérification de cette condition est indispensable et doit être inscrite au décret.

    De plus, cet arrêté doit pouvoir réduire l’impact sur les activités économiques humaines mais également permettre la cohabitation avec l’espèce. Il n’est donc pas acceptable d’autoriser les tirs toute l’année soit même en l’absence de troupeaux sur les alpages.

  •  Non à l’hypocrisie, sauvons nos loups, par Perrichon Annabelle , le 15 juin 2014 à 23h50

    Tuer les loups qui restent en France doit toujours être le dernier recours, et ce n’est pas le cas aujourd’hui.

    Même dans les départements où ils refont leur apparition.

    Il faut être honnête et compter aussi parmi les loups morts, les louveteaux qui ne sont pas en âge de survivre seuls. Trois sont morts cette année et n’ont pas été comptés. A-t-on seulement chercher à savoir s’ils avaient survécu ?

    Il faut rendre et restaurer l’habitat des loups, ou la politique de protection n’est qu’un vaste mensonge.

  •  Pour une vraie régulation, par Masson Philippe , le 15 juin 2014 à 08h58

    En avant propos, un simple constat:Lors de la dernière assemblée générale de la fédération des chasseurs de Haute-Savoie, le journal " Le Dauphiné libéré" présentait une jolie photo de famille avec pléthore d’élus locaux dont les députés Saddier et Tardy. Sur celle illustrant un article consacré à celle de la FRAPNA ( fédération Rhône-Alpe de protection de la nature) de la Haute-Savoie, tout ce beau monde était absent.

    Depuis 2008, dans le massif des Aravis en Haute-Savoie, le sujet est sensible avec d’un côté ceux qui parlent de régulation mais ne rêvent que d’éradication et ceux qui prônent une vraie régulation ; entre les appels à la haine des uns et les propos raisonnés des autres. Il sera donc difficile à nos élus de faire dans la demie-mesure et la balance penchera forcément du côté de ceux qui se sont montrés les plus véhéments. Aussi, le pragmatisme impose donc de ne pas dépenser son énergie inutilement, mais d’essayer de faire en sorte qu’un compromis honorable permette au loup de survivre.
    Pour cela, il conviendrait que :
    - la notion de chiffre maximum de prélèvement possible soit reconsidérée car cela a plus à voir avec un effet marketing qu’avec la réalité de l’espèce ( donc de sa survie localement).
    - les tirs de défense soient autorisés uniquement après qu’ constat ait dûment établi que les moyens de protection ont été réellement mis en place dans les règles de l’art : par exemple, clôtures installées selon la méthode du ni fait-ni à faire.
    - les tirs d’hiver en l’absence de troupeaux soient interdits.
    - le braconnage ne soit pas implicitement encouragé mais au contraire fortement combattu par un alourdissement des peines encourues et par la prise en compte du fait que pour chaque loup braconné, trois soient retirés du nombre de prélèvements autorisés.

    D’autre part, nul besoin d’être un naturaliste confirmé pour comprendre que " taper" dans les effectifs d’une meute qui n’est pas encore établie revient de fait à faire en sorte que l’espèce ne puisse s’installer localement,donc la régulation annoncée se transforme en éradication. Ainsi, les départements suivant ne doivent pas être concernés par les mesures soumises aux tirs de prélèvement : Ardèche, Ariège, Aude, Bouche du Rhône, Haute-Saône, Haute-Marne, Meuse.

  •  Pour une vraie régulation, par Masson Philippe , le 15 juin 2014 à 08h46

    En avant propos, un simple constat:Lors de la dernière assemblée générale de la fédération des chasseurs de Haute-Savoie, le journal " Le Dauphiné libéré" présentait une jolie photo de famille avec pléthore d’élus locaux dont les députés Saddier et Tardy. Sur celle illustrant un article consacré à celle de la FRAPNA ( fédération Rhône-Alpe de protection de la nature) de la Haute-Savoie, tout ce beau monde était absent.

    Depuis 2008, dans le massif des Aravis en Haute-Savoie, le sujet est sensible avec d’un côté ceux qui parlent de régulation mais ne rêvent que d’éradication et ceux qui prônent une vraie régulation ; entre les appels à la haine des uns et les propos raisonnés des autres. Il sera donc difficile à nos élus de faire dans la demie-mesure et la balance penchera forcément du côté de ceux qui se sont montrés les plus véhéments. Aussi, le pragmatisme impose donc de ne pas dépenser son énergie inutilement, mais d’essayer de faire en sorte qu’un compromis honorable permette au loup de survivre.
    Pour cela, il conviendrait que :
    - la notion de chiffre maximum de prélèvement possible soit reconsidérée car cela a plus à voir avec un effet marketing qu’avec la réalité de l’espèce ( donc de sa survie localement).
    - les tirs de défense soient autorisés uniquement après qu’ constat ait dûment établi que les moyens de protection ont été réellement mis en place dans les règles de l’art : par exemple, clôtures installées selon la méthode du ni fait-ni à faire.
    - les tirs d’hiver en l’absence de troupeaux soient interdits.
    - le braconnage ne soit pas implicitement encouragé mais au contraire fortement combattu par un alourdissement des peines encourues et par la prise en compte du fait que pour chaque loup braconné, trois soient retirés du nombre de prélèvements autorisés.

    D’autre part, nul besoin d’être un naturaliste confirmé pour comprendre que " taper" dans les effectifs d’une meute qui n’est pas encore établie revient de fait à faire en sorte que l’espèce ne puisse s’installer localement,donc la régulation annoncée se transforme en éradication. Ainsi, les départements suivant ne doivent pas être concernés par les mesures soumises aux tirs de prélèvement : Ardèche, Ariège, Aude, Bouche du Rhône, Haute-Saône, Haute-Marne, Meuse.

  •  Le Loup doit revenir sur l’ensemble de son aire naturelle initiale, par Branger , le 14 juin 2014 à 22h17

    Madame la Ministre de l’Ecologie,

    À l’heure où l’État annonce, par plusieurs biais, œuvrer à la préservation de la biodiversité, alors que la France est signataire de l’Objectif 2010 pour l’arrêt de l’érosion de la biodiversité, alors que la France a accompagné la difficile et conflictuelle réintroduction de l’Ours dans les Pyrénées, il est stupéfiant que des tirs de destruction de Loups puissent être envisagés, quel que puisse être le prétexte avancé, le nombre d’individus visés ou les modalités annoncées.

    Le Loup est protégé par la Convention de Berne annexe II, par la Convention de Washington annexe I. Il est aussi protégé au niveau national, et cette protection ne s’applique pas aux seuls parcs et réserves, mais bien à l’ensemble du territoire national.

    De surcroît, le Loup est une espèce relevant de Natura 2000, sous le code 1352.
    Seuls 24 mammifères sont des espèces Natura 2000.
    Or, parmi les taxons Natura 2000, le Loup est une espèce prioritaire.

    La législation européenne, qui s’impose à la France, exige le maintien des populations de Loup dans un état de conservation favorable, sur l’ensemble de son aire de répartition naturelle, c’est-à-dire dans toute la France, car le Loup était présent sur l’ensemble du territoire.
    Le projet d’arrêté soumis à la présente consultation publique concernant 20 départements, il est de nature à menacer la recolonisation naturelle du territoire par le Loup, ce qui contrevient aux engagements nationaux vis-à-vis de l’Europe et du monde.

    Rappelons que si cette espèce est en voie de disparition, c’est bien, comme le remarque la fiche Natura 2000 « suite [à] son extermination par l’homme. »

    La fiche Natura 2000 du Loup souligne encore « […] l’espèce était autrefois présente sur l’ensemble du territoire et se retrouvait ainsi dans toutes sortes de milieux. […] le Loup est donc capable de s’adapter à une très grande diversité de milieux, si la pression humaine le permet. »

    En l’occurrence, l’arrêté autoriserait à tuer 24+12 loups= 36 soit environ 12% de la population totale du Loup en France, estimée à 300 individus.
    De plus, l’arrêté ne prévoit pas de limitation au nombre de loups dont la destruction serait autorisée sur chaque département. Conséquemment, on pourrait arriver à l’éradication d’une population sur un territoire donné.

    Actuellement, on entend de façon récurrente les médias annoncer une supposée « surpopulation » de Sanglier ou d’autres ongulés.
    Si le Loup était présent, comme jadis, sur l’ensemble du territoire, la population de sangliers serait régulée par ce prédateur naturel qu’est le Loup.

    Les éleveurs savent que la protection des troupeaux, associée à leur parcage la nuit, garantit leur sauvegarde.
    Les naturalistes savent que les populations de prédateurs s’autorégulent.
    Et l’État sait que les prélèvements réellement imputables au Loup sont en proportion négligeables.
    C’est vers l’aide à la garde des troupeaux que l’effort de l’Etat devrait se porter, et non vers la destruction d’individus d’une espèce protégée.

    L’engagement de la France vis-à-vis de la biodiversité impose de cesser sans délai toutes destruction d’espèce, notamment lorsque celle-ci, comme c’est le cas du Loup, est gravement en danger et constitue une espèce menacée, d’intérêt patrimonial au niveau national et Européen, et dont le retour est attendu sur l’ensemble de son aire naturelle de répartition.

    Je viens donc ici exprimer ma très vive opposition à tout tir de Loup en France.

    Veuillez, Madame la Ministre, croire en l’expression de ma considération distinguée.

    Françoise Branger

  •  Je suis contre le tir de loups car ce n’est pas la solution, par Isabelle , le 14 juin 2014 à 22h04

    La cohabitation homme/loup est tout à fait possible. Je pense qu’il faudrait surtout que les troupeaux soient mieux protégés. Et donc il faudrait récompenser ceux qui font l’effort de protéger correctement leurs troupeaux. Tirer sur les loups n’est pas la solution.

  •  Oui à la régulation, mais..., par Laurent Perrod , le 14 juin 2014 à 21h50

    Hors de question de faire supporter au monde de la chasse le coût des dégâts, comme cela est déjà le cas pour le sanglier, et le cerf.
    Si ce coût doit nous être imputé alors non. Que les éleveurs se débrouillent pour faire valoir leur droit. Message pour les "écologistes" : il serait bien d’arrêter de faire passer les chasseurs pour des tueurs sanguinaires, c’est loin d’être le cas. En tant que chasseur raisonné, je ne considère absolument pas un "écolo" comme un ennemi, au fond, nos valeurs peuvent se rejoindre.

  •  Pour que vive le loup sur notre territoire !, par viveleloup , le 14 juin 2014 à 21h24

    Oui le loup a sa place dans notre territoire et joue un rôle crucial pour nos écosystèmes !