EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet de plan national d’action en faveur de la Tortue d’Hermann (Testudo hermanni)

La Tortue d’Hermann est actuellement l’un des reptiles les plus menacés à l’échelle européenne et mondiale. En France, son aire de répartition a diminué jusqu’à être réduite aujourd’hui à deux noyaux de population, dans le Var et en Corse. Les causes de sa régression au cours des dernières décennies sont principalement dues à l’urbanisation, l’abandon des pratiques agro-pastorales traditionnelles, la prédation par les chiens, les incendies de forêt, le prélèvement d’individus sauvages, les maladies véhiculées par les tortues captives relâchées dans la nature.

L’article L. 411-3 du code de l’environnement précise que « des plans nationaux d’action opérationnels pour la conservation ou le rétablissement des espèces visées aux articles L. 411-1 et L. 411-2 [...] sont élaborés, par espèce ou par groupe d’espèces, et mis en œuvre sur la base des données des instituts scientifiques compétents et des organisations de protection de l’environnement lorsque la situation biologique de ces espèces le justifie. […] Ces plans tiennent compte des exigences économiques, sociales et culturelles ainsi que des impératifs de la défense nationale. [...] Les informations relatives aux actions prévues par les plans sont diffusées aux publics intéressés. »

Un premier plan national d’actions en faveur de la Tortue d’Hermann (PNA 2009-2014) a permis de mettre en œuvre de nombreuses actions de conservation, notamment au travers d’un programme FEDER « Des tortues et des Hommes » et d’un programme LIFE Nature « Tortue d’Hermann – Vers une gestion intégrée favorable à la tortue terrestre dans le Var / Création d’outils pour les gestionnaires d’espaces naturels en Europe »

La dynamique de conservation impulsée par ce PNA a été particulièrement efficace, notamment grâce au rôle crucial de l’animation dans l’amélioration des échanges entre les acteurs et l’avancée des actions. Toutefois, force est de constater que les menaces pesant sur l’espèce sont toujours bien présentes, voire croissantes ou nouvelles. Le Conseil National de la Protection de la Nature a donc jugé nécessaire de poursuivre les actions, de les approfondir et les étendre à des problématiques nouvelles ou nouvellement identifiées.

Par conséquent, le ministère de la transition écologique et solidaire a décidé de renouveler le PNA en faveur du rétablissement de la Tortue d’Hermann sur une période de dix ans (2018 – 2027) bâti autour des huit objectifs suivants :

  • assurer la mise en œuvre des actions et leur pérennité,
  • améliorer et diffuser la connaissance nécessaire à la conservation de l’espèce,
  • conserver un réseau cohérent de sites favorables et de populations,
  • prendre en compte l’espèce dans les documents de planification et les projets,
  • prendre en compte l’espèce dans les pratiques de gestion forestière et agricole,
  • éviter l’affaiblissement des populations,
  • organiser, assurer et faire évoluer la réglementation,
  • sensibiliser et impliquer le public dans la conservation de l’espèce.

Ces objectifs sont déclinés en 35 actions opérationnelles.
Le présent document se propose :

  • de faire un état des lieux des connaissances biologiques sur l’espèce,
  • de hiérarchiser les menaces qui pèsent sur l’avenir de l’espèce en France,
  • d’établir un bilan synthétique des actions menées et en cours pour la connaissance et les actions de conservation,
  • de dégager les actions prioritaires à poursuivre ou à entreprendre,
  • d’organiser et de coordonner ces actions à l’échelle du territoire national,
  • de servir de mémento technique et administratif pour ceux qui travaillent ou travailleront à la sauvegarde de l’espèce.

Il a fait l’objet de nombreux échanges entre les parties prenantes, sous le pilotage de la DREAL PACA, DREAL coordinatrice pour ce PNA pour le compte du ministère, avec l’appui du Conservatoire des Espaces Naturels (CEN PACA), animateur du PNA 2009-2014. Il a été validé par le CNPN.

La conservation de la Tortue d’Hermann passant par sa bonne prise en compte dans les différentes politiques sectorielles, les actions opérationnelles se doivent d’être partagées et mises en œuvre avec les acteurs du territoire, que ce soit les collectivités, les établissements publics, les représentants de propriétaires et d’activités socio-professionnelles, les chambres consulaires, les associations environnementales, les personnalités scientifiques et les services de l’État.

La consultation est ouverte du 4 avril au 6 mai 2018.

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