Plan national d’actions en faveur de la Cistude d’Europe

publié le 11 mars 2020

La Cistude d’Europe (Emys orbicularis) est une tortue de petite taille : une vingtaine de centimètres au plus, présentant une carapace lisse et légèrement aplatie de couleur sombre, marquée de ponctuations ou de lignes jaunes tout comme les pattes, la tête et la queue. La coloration des individus est très variable.

L’espèce fréquente plusieurs types de milieux humides de plaine : étangs, rivières, milieux alluviaux, marais d’eau douce à légèrement saumâtre, mares permanentes et même temporaires, canaux, tourbières, embouchures de fleuve, petits torrents à débit temporaire. Lors de la ponte, les femelles quittent le milieu aquatique à la recherche de milieux ouverts et non inondables de nature sableuse, argilo-limoneuse, ou présentant un mélange de terre et de sable.
En France, l’espèce est présente dans huit régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire, Corse, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Grand-Est.

L’espèce est considérée comme vulnérable, c’est-à-dire « en forte régression du fait de facteurs extérieurs défavorables ».
Inscrite à l’annexe II de la Convention de Berne du 19 septembre 1979, aux annexes II et IV de la Directive européenne « Habitat, Faune et Flore » du 21 mai 1992, la Cistude d’Europe est une espèce totalement protégée en France métropolitaine depuis l’arrêté ministériel du 24 avril 1979.
Bien que soumise depuis plusieurs décennies à de multiples atteintes d’origine anthropique, la Cistude d’Europe a réussi à se maintenir sur une aire de répartition suffisamment vaste pour permettre son maintien à long terme si des mesures de conservation spécifiques sont prises en sa faveur.

Les enjeux de conservation identifiés pour l’espèce sont les suivants :
• La conservation de mosaïques de zones humides et de prairies sèches de bonne qualité écologique ;
• Une gestion adaptée des différents milieux de vie de l’espèce ;
• Le maintien de corridors de déplacement au sein du paysage ;
• La prise en compte des problématiques liées aux nombreuses espèces exotiques fréquentant la même niche écologique.

Compte tenu des efforts à poursuivre à l’issue du premier Plan national d’actions (PNA) (2011-2015), la Cistude d’Europe fait l’objet d’un deuxième PNA pour 10 ans (2020-2029), dont l’objectif est le bon état de conservation des populations de l’espèce. Il s’agit notamment :
• D’appliquer une stratégie de conservation de l’espèce cohérente et fonctionnelle à l’échelle nationale ;
• De maîtriser les facteurs permettant d’assurer la conservation de l’espèce à long terme ;
• D’augmenter les effectifs et d’étendre l’aire de répartition actuelle de l’espèce.

Neuf actions sont proposées autour de trois axes : étude, conservation et sensibilisation.
La mise en œuvre du PNA est coordonnée par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Auvergne-Rhône-Alpes et l’animation est confiée à la Société Herpétologique de France (SHF).

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a donné un avis favorable le 28 février 2020 sur ce deuxième PNA (2020-2029).

Le projet de plan national d’action accompagné de l’avis du CNPN sont téléchargeables en pièce jointes.

En application du dernier alinéa du II de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.